L'existence de l'église de Vicdessos
est attestée dès 1081, sous l'invocation de
Saint-Martin de Saos ou de Sos (appellation ancienne de
Vicdessos). Elle appartenait depuis le Moyen-Age à
l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse.
Sur un plan
architectoral, la
caractéristique de l'édifice
réside dans le fait que le clocher se dresse
sur le flanc méridional de l'église.
De forme carré et d'inspiration romane, il
fut construit en pierre et souvent remanié.
La grande arcature et les deux étages de
fenêtres géminées en plein
cintre ont perdu, au siècle dernier, les
colonnes couronnées de chapiteaux en
encorbeillement qui soutenaient la retombée
des deux arcs. Les colonnes ont été
remplacées par des piliers oblongs arrondis
sur la face. L'étage supérieur a
été surélevé en une
fléche élancée octogonale
à la manière du clocher de la
basilique Saint Sernin de Toulouse.
Des vestiges de l'église primitive, il reste
à l'intérieur du clocher trois
grandes ouvertures surmontées d'arcs en
plein cintre, en pierre de taille, au dessus
desquelles se dessinent des voûtes en
berceau.
L'église ne comprenait à l'origine
qu'une nef, alors qu'à une époque
plus récente vers le XVè- XVIè
siècle deux nefs latérales ont
été rajoutées. De style
ogival, elles se terminent par un mur droit. A
l'origine, les têtes humaines ainsi que les
êtres fantastiques qui ornaient les
coussinets des arcs doubleaux ont aujourd'hui
malheureusement disparus.
Le portail d'entrée, en pierre de taille,
date également de l'époque
gothique.
Contigu au flanc droit du sanctuaire se trouve
l'ancienne chapelle dite de Saint-jean. Elle est
devenue par la suite la sacristie. Elle est
actuellement inaccessible.
A l'origine, il existait un porche qui prenait
appui sur le mur ouest de l'église. Il a
été abattu pour y ajoutér
quatre contreforts en 1860.
La façade fut ensuite éclairée
par de hautes fenêtre de style ogival, en
harmonie avec le porche.
L'intérieur est
orné d'un
grand rétable de style Restauration. Le
tableau central représente l'Assomption de
la Vierge. Cette peinture est une copie d'un
tableau du peintre Despax (1709-1773),
conservé au Musée des Augustins de
Toulouse. Cette copie semble être l'oeuvre de
J.F. Faure élève de Despax.
Les deux statues en bois doré placée
de part et d'autre du rétable sont
Notre-Dame des Victoires et Saint-Joseph.
Sur le mur latéral sud, il est
représenté la Nativité et
l'adoration des Bergers signée par les
peintres Glaize et Mercadier en 1847.
Sur le mur latéral nord, il y a la
représentation de la fuite de la sainte
famille en Egypte signée par Mercadier
(1850).
Une confrérie de Notre Dame du Rosaire avait
été crée à Vicdesssos
en 1613, mais ce n'est qu'en 1660 qu'un autel lui
fut dédié. Le rétable actuel
date du début du XVIIIè siècle
ainsi que les statues en bois doré de
Saint-Sébastien et de Saint Roch. Au centre
du rétable, il y a une représentation
de la remise du chapelet par la Vierge à
Saint Dominique.
Le tabernacle est daté du XVIIIè
siècle.
L'autel Saint Jean -Baptiste est une oeuvre du
Frère Louis Tournié. Il y sont
représentés les grandes statuts de
Saint Eloi et Sainte Luce encadrant Saint
Jean-Baptiste.
En face de la très belle chaire en bois
peint, probablement du XVIIè siècle,
il ya un Christ en Croix du XVIIè
siècle sur le pillier sud.
Il est à remarquer les peintures de la
voûte du choeur et de la nef centrale,
exécuté vers 1840 par Podoya, un
peintre décorateur italien et
restaurées en 1995.
Les vitraux de la maison Gesta de Toulouse datent
de 1880.
Les clôtures du choeur, des autels
latéraux et des fonts baptismaux
(XVIIIè- XIXè siècle) en fer
forgé, ont été
travaillés dans les forges de la
vallée à partir du minerai de
Rancié.
 
L'orgue placé au dessus du tambour
d'entrée semblerait dater de la
première moitié du XVIIè
siècle (probablement vers 1640).
Il est classé parmi les trois plus anciens
de la région Midi-Pyrénée, et
a été souvent restauré. Une
première intervention fut entreprise vers
1780, puis à plusieurs reprises au cours du
XVIIIè siècle. Des modifications
importantes ont été
réalisé en 1882.
Il a été classé Monument
historique pour la partie musicale le 7 octobre
1977, ce qui a facilité l'entreprise de
restauration à l'ancienne inaugurée
en août 1991. Par contre le buffet n'a pas
été classé. La façade
est découpée en soleil pour une
meilleure propagation du son. Avec ses montants en
chêne et ses panneaux en noyer pourtant
d'époque Louis XIII, il a été
repeint vraisemblablement au XIXè
siècle donnant cet aspect terne et
négligé. Il serait bienvenue de faire
réapparaitre grâce au travail de
spécialistes les dessus polychromes donnant
à l'ensemble une autre allure. Un certain
nombre d'éléments comme
l'intérieur de l'orgue, les tuyaux sont
d'époque.
 

L'orgue dispose de deux claviers de 32 notes,
à l'arrière du buffet, d'un
pédalier de 24 touches, de 17 jeux, de 967
tuyaux dont 500 d'origine.
Placés sous la tribune, il y a deux
soufflets "donnant le vent" gonflés à
bras d'homme. Ces deux soufflets peuvent être
relayés par un mécanisme
électromécanique installé en
1995.
|